Présentation

Révisionnisme

Ticket d'entrée au Potala

(source inconnue)

COLONISATION DU TIBET :
HALTE AU REVISIONNISME CHINOIS

      « En raison des souffrances qu’ils ont endurées et de la lutte qu’ils ont menée – et qu’ils n’oublieront jamais – les Chinois sont categoriquement opposés au colonialisme et à l’esclavage sous toutes leurs formes. La Chine n’a jamais imposé sa volonté ou des pratiques inégales à d’autres pays et ne le fera jamais à l’avenir. » Qui l’eut cru ? Comme ce qui va sans dire va encore mieux en le disant ; cette citation est extraite du discours prononce par l’actuel Fils du ciel, le président Hu Jintao en personne, à l’université de Pretoria à la fin de son voyage « historique » en Afrique. Sans doute son autocratique Excellence devrait-elle tenir ces propos lénifiants aux Tibétains, Mongols, Mandchous et autres Ouighours pour les rassurer quant à la bienveillante protection de la Cite interdite qui s’interdit ainsi impérialement la moindre velléité coloniale ou colonisatrice …
      Néanmoins, cette volonté proclamée par Pékin de ne pas infliger à autrui ce qu’elle a souffert ne craint pas de contredire d’autres déclarations non moins ronflantes. Ainsi la Chine s’arroge-t-elle rituellement le droit de rappeler à l’ordre quiconque ose parler du Tibet ou avec le Dalaï-lama. Sous prétexte de « souveraineté nationale » et de « non ingérence dans les affaires d’autrui. » Tiens donc… Se souvient-on de la réponse tonitruante du ministre des affaires étrangères du Reich en 1933 à la Société des Nations qui protestait contre le traitement infligé à des groupes minoritaires en Allemagne ? Pour mémoire, la voici : « Nous sommes un Etat souverain, nous faisons ce que nous voulons… nous n’avons de contrôle à subir ni de la part de la communauté internationale ni de la SDN » martelait un certain Joseph Goebbels… C’était avant les JO de Berlin, et ces propos éveillent aujourd’hui encore de curieux échos – même si parfois les leçons de l’histoire semblent bien oubliées…
http://www.claudelevenson.net

 

 

Extrait de la lettre de Claude Levenson, datée de fin août 2008 :

"(...) Mieux que quiconque, le Dalaï-lama peut parler de ce qui se passe maintenant, pendant et sans doute encore davantage après les jeux, comme il l’a fait en toute franchise auSénat à Paris, puis en le confirmant en répondant à des questions de la presse. Il suffit de l’écouter, quitte à en avoir froid dans le dos : « Répression accrue, passages à tabac et torturessystématiques, perquisitions au porte à porte ou de tente à tente, monastères vidés des moines détenus ou renvoyés dans leurs foyers, communications téléphoniques ou électroniques coupées, exécutions sommaires, militarisation croissante du territoire, construction de nouvelles casernes et de camps de sédentarisation des nomades brutalement arrachés à leur mode de vie, viols et mauvais traitements des femmes nonnes ou laïques, destruction et pillage du patrimoine monastique, profanation des lieux sacrés aux yeux de la population pour exploiter les ressources du sous-sol. Sans négliger la multiplication des exercices dits antiterroristes et des manoeuvres militaires dans les zones rurales, ni la présence renforcée des réseaux policiers de surveillance et de maintien de l’ordre dans les villes. Comme pour mieux instiller la peur parmi les habitants. Un Tibet en état de siège et quasiment fermé aux enquêtes étrangères. Plus aucune retenue des forces de l’ordre envers les Tibétains, civils tués à bout portant, cadavres enlevés nuitamment à leurs familles pour être brûlés afin de brouiller les traces, sans oublier non plus les campagnes de rééducation patriotique intensifiées pour la population, ni la machine de propagande repartie à plein régime… comme pour attiser la haine au lieu d’apaiser les ressentiments… »
Et pendant ce temps, sans parler du manque de courtoisie élémentaire envers un prix Nobel de la paix, entre cafouillages et séance de rattrapage de dernière minute, une chose est certaine – l’image de la France n’en sort ni redorée ni grandie, pas plus en Europe qu’en Chine. A se demander qui a perdu la face dans cette tentative inconsidérée de ménager la chèvre et le chou. Seuls à se tirer la tête haute de l’épreuve, la poignée de fidèles sénateurs et députés qui ont persisté et réussi malgré les pressions à accueillir l’hôte de marque avec un minimum de tenue, et la poignée de démocrates chinois qui ont rendu visite au Dalaï-lama à Nantes, sauvant ainsi l’honneur du peuple chinois… Qui donc disait « pas d’avenir pour les collabos, il n’est d’avenir que pour les résistants » ? Dans la nuit, la liberté nous écoute…

C. B. L.   "

Photo AFP de Frank Perry

Et on pourrait regretter que ce soit déjà du passé, tant nous avions attendu ce moment. Mais Sa Sainteté a dû annuler ses deux prochains voyages, en raison de son état de santé. Il nous reste le souvenir d'un moment unique, comme le raconte si bien  
Catherine  sur un site non bouddhiste  (merci à elle pour son autorisation de publier) :

Cinq jours en apnée dans "les stances de la voie médiane, le commentaire, le collier de joyaux, la guirlande de vues...", le tout en tibétain et enseigné par le Dalaï Lama lui-même, au milieu de 8 000 personnes réunies au Zénith de Nantes, à des centaines de kilomètres de mon confortable petit "trou" de hobbit et de mes chères habitudes !... Bref, il a fallu une solide amitié et une intense curiosité pour me jeter dans l’aventure comme on est poussé dans le vide. Ou la vacuité, si on préfère...
À l’entrée déjà, la légère angoisse du 1er jour devant les files interminables, les contrôles, la fouille. Mais tout se passe très sereinement dans une espèce de fluidité ininterrompue. Courtoisie – Bienveillance - Bonhomie, même. Et puis l’arrivée dans la salle immense : un flot de couleurs suaves et chaleureuses. Un bain de lumière douce. Des fleurs, des tentures de soie. Deux seuls drapeaux tibétains au fond, petits, discrets. Tout autour, les bannières de Bouddha (je me suis renseignée) aux couleurs des 5 éléments, ocre, blanc, vert, jaune, bleu. Beaucoup de tissus chatoyants.
Des moines et des lamas bordeaux-orange, tranquilles, nombreux, détendus et concentrés à la fois, assis en lotus sur la scène à côté d’une espèce de trône surélevé où "il" montera sans doute, pour que tous le voient bien. Musique indienne, Toto Bissainthe, cornemuses celtiques, voix tibétaines. Sur les deux écrans géants, des photos magnifiques de "là-bas" défilent, paysages et visages... La salle s’est remplie. Tout le monde s’est levé en douceur et le silence a gagné rang après rang, sans à-coups…
Alors il est entré en trottinant dans sa robe de moine, avec ses sandales de moine. Il a salué les Bouddhas de soie, il a salué les lamas, la salle, on aurait dit qu’il s’inclinait devant chacun de nous, les 8 000.
C’est bien lui, le 14ème Dalaï Lama, Tenzin Gyatso, un océan de sagesse... et de simplicité ! Non seulement il est là, en vrai, mais le gros plan sur les écrans géants le rendent si proche, presque intime – les pieds nus, installé en lotus sur son trône, il revendique joyeusement l’animalité. Tellement loin du guindé, du compassé, avec ce naturel éblouissant de la petite enfance ou des grands singes frères ; il se gratte la tête parfois, en repoussant sa visière d’une chiquenaude (une drôle de visière orange en tissu, pour protéger ses yeux des projecteurs). Ou alors il baille bien franchement pendant la traduction. Il a des lingettes dans son grand sac en toile bordeaux et il se rafraîchit longuement les mains, doigt par doigt tout en parlant. Du coup, quoique immobiles, on arrive à se "défiger" aussi un peu à son exemple. Parfois aussi, il suit le texte avec son doigt, ligne à ligne sur le livre tibétain pour mieux nous prendre à témoin de son évidente véracité...
Il y a quelque part dans le monde un temple des mille Bouddhas. Nous on est les 8 000 bébés, sous le charme d’un Père-Mère qui nous raconte une histoire avec toute son énergie, sa tendresse. Parfois on dirait qu’il s’énerve, il chuinte, il siffle, véhément, catégorique, d’autres fois sa voix grave module, monte avec une douceur infinie, il chante presque ! L’histoire doit être pleine de choses horribles et merveilleuses. Et nous, les 8 000 bébés, on dodeline, on est délicieusement bercés. On rit parfois parce qu’il rit lui-même et que les tibétains, moines ou pas, s’esclaffent. On ne comprend strictement rien, mais quelle importance ?
Il endort notre tête pour nous éveiller le cœur, peut-être ?
Une autre voix – en français – infiniment douce, égale. On comprend à nouveau, notre cerveau tente de reprendre la barre. Un peu engourdi, notre cerveau ! Comme notre pauvre corps occidental inhabituellement immobile, plus tétanisé que relaxé...
C’est Mathieu Ricard qui traduit.
Les deux voix : une rayonne, l’autre diffuse.
Énergie vibrante et infinie patience. Le yin et le yang ?
D’autres fois, ce sont de vieux souvenirs d’école qui reviennent en mémoire : "Ouvrez vos livres à la page 12". Alors nous, les 8 000, on redevient les élèves de primaire que nous fûmes et on ouvre sagement notre livre blanc où il y a de magnifiques phrases en tibétain, en anglais, en français. Mais ça ne nous avance pas à grand chose parce que si on lit, on n’écoute plus, on ne voit plus, on ne rit plus avec le maître qui parfois s’amuse tant sans qu’on sache le moindrement pourquoi...
5 jours passés ainsi. Des mots qui tourbillonnent : vacuité, impermanence, bodhisattvas, samsara, nirvana, continuum, therefore (parfois le Dalaï lama parle en anglais !), agrégats, conscience, compassion, compassion, compassion... Et le soir, pas de cérémonial : un bref "good night", un geste de la main comme pour dire, "ça va, pas de chichis", et toujours un salut souriant et rapide que chacun de nous reçoit personnellement. Même "nos amis de la sécurité", ces grands hommes en noir, debout face à la salle, qui font un peu peur et qui se sont assis sur des chaises à sa demande pour ne pas être "trop fatigués et par conséquent inefficaces" (rires !).
Moi qui traînais les pieds pour partir dans cette aventure, j’ai le cœur gros de quitter mes 8 000 complices de toutes les couleurs et de tous les âges. Et de voir trottiner une dernière fois vers des horizons difficiles, l’homme lumineux en robe de moine bordeaux-orange.
Dans le train qui me ramène vers ma petite maison, j’ai l’impression d’avoir tourné dans un merveilleux film : "Moteur"... "Action"... "Coupez". J’ai souvent ouvert le livre, mais les phrases, même en français, je ne les comprends plus, on dirait un carrosse redevenu citrouille !... Pourtant je sens profondément qu’il y a déjà un autre texte, un autre rôle, un autre film commencé. C’est peut-être ça, l’impermanence ? Le livre muet est gravé dans une mémoire qui ne m’appartient pas ! Les ordinateurs me sont étrangers en manipulation, mais le langage informatique convient là miraculeusement : mon disque dur est très lourdement chargé, il faut que je défragmente...
Quant aux enseignements, je me garderai bien d’en dire un seul mot. Ils sont en principe accessibles sur dalailama-nantes2008.fr directement de la bouche du Dalaï Lama en tibétain et de celle de Mathieu Ricard en français.

Christiane Cayre le 23 août 2008

Exil

RECONNAISSANCE PERSONNELLE


Du Ladakh
le Tibet n'est qu'à un regard.
Ils disaient :
à partir de ce monticule noir
à Dumtse, c'est le Tibet.
Pour la première fois, je vis
mon pays, le Tibet.


Après un rapide voyage clandestin,
j'arrivai là-bas près du tertre.


Je reniflai la terre,
grattai le sol,
écoutai le vent sec
et les vieilles grues sauvages.


Je ne vis pas la frontière,
je jure qu'il n'y avait rien
de différent, là-bas.


Je ne savais pas,
si j'étais là-bas ou ici.
Je ne savais pas,
si j'étais ici ou là-bas.


Ils disent que les kyangs
viennent ici chaque hiver.
Ils disent que les kyangs
vont là-bas chaque été.


Extrait de :
Kora
Combat pour le Tibet
de Tenzin Tsundue
Editions de L'Harmattan

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés