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(source inconnue)

COLONISATION DU TIBET :
HALTE AU REVISIONNISME CHINOIS

      « En raison des souffrances qu’ils ont endurées et de la lutte qu’ils ont menée – et qu’ils n’oublieront jamais – les Chinois sont categoriquement opposés au colonialisme et à l’esclavage sous toutes leurs formes. La Chine n’a jamais imposé sa volonté ou des pratiques inégales à d’autres pays et ne le fera jamais à l’avenir. » Qui l’eut cru ? Comme ce qui va sans dire va encore mieux en le disant ; cette citation est extraite du discours prononce par l’actuel Fils du ciel, le président Hu Jintao en personne, à l’université de Pretoria à la fin de son voyage « historique » en Afrique. Sans doute son autocratique Excellence devrait-elle tenir ces propos lénifiants aux Tibétains, Mongols, Mandchous et autres Ouighours pour les rassurer quant à la bienveillante protection de la Cite interdite qui s’interdit ainsi impérialement la moindre velléité coloniale ou colonisatrice …
      Néanmoins, cette volonté proclamée par Pékin de ne pas infliger à autrui ce qu’elle a souffert ne craint pas de contredire d’autres déclarations non moins ronflantes. Ainsi la Chine s’arroge-t-elle rituellement le droit de rappeler à l’ordre quiconque ose parler du Tibet ou avec le Dalaï-lama. Sous prétexte de « souveraineté nationale » et de « non ingérence dans les affaires d’autrui. » Tiens donc… Se souvient-on de la réponse tonitruante du ministre des affaires étrangères du Reich en 1933 à la Société des Nations qui protestait contre le traitement infligé à des groupes minoritaires en Allemagne ? Pour mémoire, la voici : « Nous sommes un Etat souverain, nous faisons ce que nous voulons… nous n’avons de contrôle à subir ni de la part de la communauté internationale ni de la SDN » martelait un certain Joseph Goebbels… C’était avant les JO de Berlin, et ces propos éveillent aujourd’hui encore de curieux échos – même si parfois les leçons de l’histoire semblent bien oubliées…
http://www.claudelevenson.net

 

 



(extrait du poème "Chant de l'empoisonnement " page 69)

Nyoshül Khen Rinpoché (1932-1999) était "un des maîtres les plus estimés de la tradition de la Grande Complétude (Dzogchen) du bouddhisme tibétain". J'ai choisi cet extrait pour son ton familier, en écho respectueux aux chants - à l'autre bout du temps - des Anciennes, disciples du Bouddha.

J'ai quitté ma maison pleine de foi
et ai erré,
Mais j'étais encore avide
De possessions et d'éloges.

J'ai perdu mon chemin.
Mes passions m'ont usée,
et j'ai oublié le fondement
de ma vie errante.

Puis, alors que j'étais assise dan ma petite cellule,
ne s'y trouvait que la terreur.
J'ai pensé : ce n'est pas le bon chemin,
des désirs fébriles exercent leur contrôle sur moi.

La vie est courte.
L'âge et la maladie rongent jusqu'à la destruction.
Je n'ai pas de temps pour l'insouciance
avant que ce corps ne tombe en morceaux.

Et tandis que j'observais l'apparition
et la disparition des agrégats du corps et de l'esprit,
je les ai vus tels qu'ils sont réellement.
Je me suis levée.
Mon esprit était complètement libre.
L'enseignement du Bouddha s'est réalisé.


Poème de la nonne Mittakali, pages 75-76



.............

Pas facile de n'être qu'une femme, toutes époques et (presque) toutes régions du monde confondues... aujourd'hui encore, comme l'actualité le montre fréquemment, et en France aussi, où (par exemple) le salaire d'une femme est inférieur à celui d'un homme pour un même emploi.
La société, à l'époque où vécut le Bouddha, refusait (généralement) toute liberté à une femme. Elle devait rester assujétie à un membre masculin de sa famille, de sa naissance à sa mort. Quand Ananda lui a demandé d'accepter l'ordination des femmes, le Bouddha a d'abord refusé. Puis il a finalement accepté en posant des conditions (Les 8 grandes conditions) dont la première plaçait le rang de la plus ancienne nonne au dessous du rang du plus récent moine. Mais elles sont venues de toutes parts pour prendre "l'état sans famille" ou "l'état sans maison" et  suivre l'enseignement du Bouddha.
De leur chemin et leur réalisation, elles ont légué ces chants magnifiques regroupés dans le Thérigatha ou "Cantique des Anciennes", traduit et présenté par Susan Murcott. "Je cherchais un système de croyance qui possèderait au minimum les deux éléments suivants : l'affirmation que les femmes peuvent comprendre et atteindre les vérités religieuses les plus élevées, et des structures institutionnelles qui donnent aux femmes une opportunité égale de manifester une autorité spirituelle dans chaque fonction religieuse. (...) Ma recherche m'a menée au bouddhisme, non pas comme un aboutissement mais comme une découverte importante et formatrice" dit-elle dans sa préface.


    (extraits)

........


Exil

RECONNAISSANCE PERSONNELLE


Du Ladakh
le Tibet n'est qu'à un regard.
Ils disaient :
à partir de ce monticule noir
à Dumtse, c'est le Tibet.
Pour la première fois, je vis
mon pays, le Tibet.


Après un rapide voyage clandestin,
j'arrivai là-bas près du tertre.


Je reniflai la terre,
grattai le sol,
écoutai le vent sec
et les vieilles grues sauvages.


Je ne vis pas la frontière,
je jure qu'il n'y avait rien
de différent, là-bas.


Je ne savais pas,
si j'étais là-bas ou ici.
Je ne savais pas,
si j'étais ici ou là-bas.


Ils disent que les kyangs
viennent ici chaque hiver.
Ils disent que les kyangs
vont là-bas chaque été.


Extrait de :
Kora
Combat pour le Tibet
de Tenzin Tsundue
Editions de L'Harmattan

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