Présidentielles : réponse de M. Gérard Schivardi
(...) Je ne suis pas particulièrement compétent sur les questions qui concernent le Tibet, vous vous en doutez. Néanmoins, comme tous les Français, je sais que les autorités chinoises ont organisé et continuent d'organiser dans cette province une terrible politique de répression.
Je suis ennemi de ces politiques répressives et partisan des libertés démocratiques pour tous les peuples : liberté de la presse, de parole, de réunion, d'organisation et de manifestation. Pour moi, ces principes dépassent les frontières, ils sont universels et devraient donc aussi s'exercer en Chine, dans la province du Tibet comme dans toutes les autres provinces.
Quant au très médiatique Dalai lama, qui incarne la religion bouddhiste, je ne pense pas qu'il puisse représenter une solution pour le peuple tibétain.Voici ce que j'ai répondu à un quotidien catholique : "Les religions sont des faits de société que l'on soit concerné ou pas par la croyance. Elles n'ont pas à être utiles à la société mais aux individus si cela leur chante. La croyance, comme l’athéisme ou l'agnosticisme, doit rester d'ordre individuel et privé. »(...)
M. Schivardi parle de "la province du Tibet". Je voudrais citer ici Madame Claude Levenson, écrivain et défenseur de longue date de la cause tibétaine :
Parlement européen, Bruxelles, les 7 et 8 décembre 2000
Intervention de Madame Claude Levenson, écrivain
"Je ne voudrais pas trop monopoliser la parole pour prêcher des convaincus. Car je pense que si nous sommes tous ici réunis, c'est parce que le Tibet nous tient à coeur. Le Tibet nous tient à coeur, et je crois qu'il faut prêter attention à ce qu'à dit Wei tout à l'heure. Wei a parlé en quelque sorte de ce que j'appelle rapidement le double language. Il nous a confié que lorsqu'il était jeune encore et qu'il était en Chine, il s'était laissé influencer par la propagande communiste et qu'il a cru, comme la majorité des Chinois qui ont été formés à l'école en Chine communiste, que le Tibet était une minorité, qu'il faisait partie de la Chine, que le Tibet a toujours appartenu à la Chine. Déjà là, c'est un problème de language: comment un pays peut-il appartenir à un autre? Il y a là quelque chose à préciser.
Le Tibet et la Chine sont deux pays voisins. Et le Dalaï Lama l'a répété assez souvent: l'histoire, personne, même pas lui, n'est en mesure de la changer. Or que dit l'histoire? L'histoire dit qu'il y a deux pays: l'un le Tibet, l'autre la Chine, qu'ils sont voisins, qu'ils ont vécu plus ou moins en bonne entente et en bon voisinage et qu'il y a eu parfois des problèmes. Mais tout cela, c'est le passé."