Madame Jetsun Pema à Balma (31)

Publié le par Michèle

Le 4 octobre, à 20 h 30, à l' Hôtel de ville de Balma (31), aura lieu une conférence de Mme Jetsun Pema, soeur du Dalaï-lama, sur le projet de construction à Bangalore de la première université tibétaine en Inde.

 

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Extrait de : LES ENFANTS DU TIBET , de Sofia STRIL-REVER

De coeur à coeur avec Jetsun Pema
« Les yeux de la compassion doivent être capables de voir loin »
Par Sofia Stril-Rever

(...) On dit traditionnellement que les dalaï-lamas et les Tibétains sont aussi inséparables que les doigts et la main. Lorsque les Tibétains ont appris que le Dalaï-Lama avait fui le Tibet et avait réussi à rejoindre l’Inde où il était en sécurité, ils ont ressenti une immense joie. Son sort leur importait plus que le leur, soumis pourtant aux atrocités perpétrées par les Chinois. Et quand je me suis rendue au Tibet en 1980 pour une mission d’études, combien m’ont dit que Sa Sainteté ne devait pas revenir aussi longtemps que durerait l’occupation chinoise ! La présence de Sa Sainteté le Dalaï-Lama unit dans l’harmonie la communauté tibétaine en exil. Des milliers de Tibétains ont risqué leur vie pour le rejoindre. Trois générations n’ont pas suffi à éteindre dans leur cœur l’amour et la vénération qu’ils ont pour lui. Les parents choisissent de se séparer de leurs enfants, parfois tout jeunes, qui, à grand risque, traversent les Himalaya pour grandir ici, auprès de Sa Sainteté.

Pour des parents, laisser partir leurs enfants en Inde, cela ne représente-t-il pas un vrai sacrifice ?

Bien sûr ! Nul parent au monde ne peut accepter de gaieté de cœur que ses enfants grandissent loin d’eux. Ils paient très cher des passeurs pour emmener leurs enfants soit individuellement, soit en groupe d’une dizaine. Plusieurs parents perdent ces enfants car ils ne survivent pas à la traversée des montagnes. D’autres sont licenciés parce que les autorités chinoises apprennent qu’ils ont un enfant scolarisé en Inde.

Il y a eu trois fois des proclamations du gouvernement chinois sommant les parents, principalement des fonctionnaires, de faire revenir d’Inde leurs enfants exilés. S’ils ne s’exécutaient pas, ils perdraient leur maison, leur emploi, et seraient passibles d’arrestation. En dépit de ces menaces, les parents ont continué de nous envoyer leurs enfants ou bien ils nous les ont laissés. Mais un certain nombre, soixante-quinze sur plusieurs milliers, ont été obligés de les reprendre. Ils n’avaient pas d’autre solution. Ils sont donc venus les chercher.

Il m’est arrivé de rencontrer des parents qui ont envoyé leurs enfants chez nous et qui, des années plus tard, réussissent à obtenir un laissez-passer et à réunir assez d’argent pour venir en Inde. Ils me disent que la souffrance d’être séparés de leur enfant est compensée par le fait de savoir qu’il grandit auprès de Sa Sainteté et que son éducation fait de lui un vrai Tibétain. Alors qu’au Tibet, si les parents ont de la chance et des moyens, tout ce qu’ils pourront obtenir est l’inscription de leurs enfants dans une école où ils deviendront plus chinois que tibétains. (...)

Source : http://www.buddhaline.net/spip.php?article411

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