A lire et à écrire : l'affaire de Lithang

Publié le par Michèle

 

http://news.bbc.co.uk/2/low/asia-pacific/2839965.stm

Khampa horsemen at the
horse festival in Lithang,Tibet
by Sonam Zoksang

http://www.emilydavidow.com/wp/category/music/

Depuis quelques semaines, la tension entre les autorités chinoises et la population tibétaine de la région de Lithang (Province du Sichuan à l’est du Tibet) s’est particulièrement amplifiée. A l’origine, vraisemblablement, une pétition, présentée par les autorités chinoises, dans laquelle les signataires s’opposent au retour du Dalaï Lama au Tibet. Ce texte a circulé dans différents monastères de la région et notamment dans celui de Lithang. Ceci était connu de la population locale.
Le 1er juillet dernier, à Lithang, la célébration officielle de l’anniversaire de la Police Populaire Armée (PLA) coïncidait avec le Festival annuel de courses hippiques, très apprécié des Tibétains. La foule était venue nombreuse, certainement plusieurs milliers de personnes.
Vers 10h (11h ?) du matin, juste avant le début des festivités officielles, Ronggye A’drak, est monté sur la scène, il s’est alors emparé du micro et a crié des slogans tels que : "Le Dalaï lama doit revenir au Tibet".
La foule, constituée essentiellement de nomades, a crié et applaudi.
"Libérez le Panchen Lama", "Le Tibet veut l’indépendance" a encore crié Ronggye A’drak. Il aurait aussi réclamé la libération de Tenzin Delek Rinpoché (cf. Tibet Lib d’avril 2003 janvier et novembre 2004) et des autres prisonniers politiques.
Son acte pourrait être une réplique à la campagne de pétitions menée contre le Dalaï Lama. La police est alors intervenue pour l’arrêter.
En nombre, les habitants du village d’origine de Ronggye A’drak se sont interposés, demandant sa libération pour le même jour, à 14h. Il leur a été répondu par les autorités qu’en souhaitant le retour du Dalaï Lama, Ronggye A’drak avait commis un "délit".
Le 3 août, la déclaration officielle chinoise qualifiait celui-ci "d’incitation à la séparation des nationalités".
Le 27 août, le Centre d’information pour les Droits de l’Homme et la Démocratie basé à Hong Kong, a annoncé qu’il avait été accusé "d’incitation à la subversion contre le pouvoir de l’Etat".
Le gouvernement central de Pékin a qualifié les tensions entre Tibétains venus réclamer la libération de Ronggye A drak "d’incident politique majeur" et a demandé à des centaines de gouvernements et de dirigeants du Parti Communiste locaux d’organiser des meetings pour le condamner et de faire respecter plus strictement la loi.
Le 8 août, un groupe de Tibétains réunis devant les bureaux officiels pour demander la libération de Ronggye A’drak a été dispersé violemment par la police à l’aide de grenades lacrymogènes et de matraques.
Depuis la région de Lithang a été mise sous très haute surveillance policière. (Photos visibles sur le site
www.savetibet.org)
Voir également l’article paru sur Tibet Info

...

Dans la région de Lithang, à la suite des incidents précédents, notamment l’appel au retour au Tibet du Dalaï Lama par Ronggye A’drak, les autorités ont remplacé les fonctionnaires d’origine tibétaine par des fonctionnaires chinois.
D’après des sources locales ayant contacté Radio Free Asia, des milliers de membres de la police armée ont été envoyés dans cette région.

Le journal officiel "Ganzi Daily News" a rapporté que les autorités à Lithang sont en train de mettre en place une série de mesures contre l’instabilité, y compris la collecte de renseignements en plus grand nombre, la résolution préventive de querelles et faire considérer la critique du Dalaï Lama comme faisant partie d’un "haut niveau de lutte contre le séparatisme".
"En même temps une série de mesures seront prises pour s’assurer de la liberté religieuse des nomades locaux et, par là même, s’assurer que la campagne de dénigrement du Dalaï Lama est efficace" (sic !) annonce ce même journal.
Une source locale rapporte que le chef du gouvernement du Comté de Lithang et le chef de la police du Comté étaient tous les deux des Tibétains.
"Ces derniers jours, la direction complète du Comté de Lithang a été remplacée par des fonctionnaires chinois. De même pour le Secrétaire du Parti du Comté de Lithang" précise-t-elle.
Des habitants disent que des milliers d’hommes de la Police Populaire Armée sont maintenant stationnés dans la région, réduisant ainsi le nombre de logements disponibles. De nombreuses forces de sécurité sont installées dans un grand réservoir à grains qui a été vidé.

Les autorités ont aussi interdit de parler de Ronggye A’drak. Si quelqu’un parle ou met en place des actions en sa faveur, il peut être condamné à des peines de prison allant de 3 à 10 ans. [**]
Les nomades, qui ont protesté devant les bureaux du gouvernement à Lithang à la mi-août, sont toujours présents dans la région. Les manifestants réclamaient trois choses : la libération de Ronggye A’drak, la liberté religieuse, incluant le droit d’écouter des enseignements du Dalaï Lama, la libération de Tenzin Delek Rinpoché et d’autres prisonniers. Source : Radio Free Asia, 4 septembre 2007

 

Source et modèles de courriers de soutien : http://tibetlib.blogspot.com 

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