Shangri-La

Publié le par Michèle

Le Tibet n'est pas Shangri-La !

Sous la forme métaphorique ou "virtuelle" le Tibet a gagné les scènes et les écrans du monde. Qui s'en plaindrait ? Mais deux remarques, deux mises en garde, s'imposent. En le médiatisant, nous ne devons pas transformer le Tibet jusqu'à en faire un "Shangri-La", ce pays mythique sorti de l'imagination du romancier James Hilton au début des années 30. L'occident est expert en la matière et l'écrivain tibétain Jamyang Norbu a toutes les raisons de dénoncer cette appropriation-déformation lénifiante d'un pays où les gens sont faits de chair et de sang, de vices et de vertus en une sorte de "Paradis perdu" (c'est justement le titre du livre de Hilton) himalayen. Pas question non plus d'y voir un enfer comme le voudraient les Chinois, relayés par certains chroniqueurs dans des journaux que l'on avait vu mieux inspirés. Enfer qui justifierait leur entreprise coloniale, toute orientée dès lors à la création d'un nouveau paradis, le célèbre paradis socialiste ! Donc sachons nous tenir à l'écart de toute naïveté et, empruntant le chemin du milieu, voir dans le Tibet, son peuple, sa culture, un monde certes fascinant, mais comme le sont bien d'autres sur cette planète et dont la préoccupation première est de vivre libre et en paix. Cela n'enlève rien à la portée du message universel du Dalaï Lama, aux valeurs de tolérance et de non-violence qu'il nous propose. Celles-ci demeurent un objectif qui ne peut être atteint que par une véritable "révolution" intérieure que chacun mène à sa manière.(...)

J.P. Ribes

Source : Tibet-info, lettre 44 janvier 1998

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