Autonomie
Message de Sa Sainteté le Dalaï-Lama à l'occasion du 47ème anniversaire du soulèvement national tibétain.(10 mars 2006) (extrait)
Les Tibétains, l'un des groupes les plus importants parmi les cinquante-cinq minorités nationales de Chine, se distinguent des autres par la géographie, l'histoire, la langue, la culture, la religion, les coutumes et les traditions. Tout cela a été clairement reconnu par le passé, non seulement dans le monde entier, mais aussi par de nombreux hauts dirigeants chinois.
Je n'ai qu'une revendication : le droit pour tous les Tibétains, c'est-à-dire pour la nationalité tibétaine dans son intégralité, d'établir eux-mêmes leurs propres règles et de jouir d'une autonomie authentique. Cette requête est en conformité avec les dispositions de la constitution chinoise. Rien ne s'oppose donc à ce qu'elle soit satisfaite. Elle est légitime, opportune, raisonnable et répond aux aspirations du peuple tibétain à l'intérieur et à l'extérieur du Tibet. Cette requête est fondée sur l'idée que l'avenir est plus important que le passé, elle prend en compte la réalité d'aujourd'hui aussi bien que les intérêts de demain.
L'histoire ne s'interprète pas en noir et blanc. Par conséquent, il est extrêmement difficile d'y trouver une solution à nos problèmes. C'est donc sans tenir compte de l'histoire passée que j'ai, à de multiples reprises, déclaré publiquement que je concevais l'avenir du Tibet à l'intérieur du cadre constitutionnel de la République Populaire de Chine et non dans la séparation. Toute personne à l'écoute de ce discours, à moins que sa compréhension ne soit obscurcie par la suspicion, peut comprendre que ma requête d'un gouvernement authentiquement autonome n'équivaut nullement à une requête de séparation.(...)
Je voudrais dire à la République Populaire de Chine que si elle voit quelque bénéfice à poursuivre le dialogue à travers les contacts actuels, elle doit le manifester par un geste significatif. Le gouvernement chinois doit y réfléchir sérieusement. Une atmosphère positive ne peut être créée par un seul côté. Comme le dit un vieil adage tibétain, une seule main ne suffit pas pour faire entendre un applaudissement.